L’inadéquation des compétences contribue au ralentissement de la productivité française

Obsolescence rapide des compétences acquises en formation initiale, exercice d’un métier sans qualification adéquate, insuffisante qualité du management, … Un rapport pointe quelques raisons de cette inadéquation.

Le Conseil national de productivité met ainsi en évidence des facteurs qui expliquent le ralentissement de la productivité en France. Certains sont communs à l'ensemble des pays développés comme le renforcement du poids dans l'économie de secteurs à faible gains de productivité (tertiarisation de l'économie). Il met surtout en avant des facteurs explicatifs spécifiques à la France.


Parmi ces derniers, sont identifiés un niveau et une adéquation des compétences insuffisants :

- Concernant le niveau de qualification, sont cités des résultats de l’enquête OCDE-PISA 2015 en sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit pour la France proches de la moyenne des pays de l’OCDE mais stagnants, des compétences en littératie et en numératie (enquête PIAAC) se situant en France parmi les plus basses des pays participant à l’évaluation ainsi qu'une obsolescence rapide des compétences acquises par les Français en formation initiale, non compensée par la formation continue.

- Un problème d’adéquation des compétences avec 35 % des salariés français qui exercent un métier pour lequel ils n’ont pas de qualification adéquate dont 23 % sous-qualifiés pour le poste qu’ils occupent, soit un des taux les plus élevés parmi les pays de l’OCDE.

- A cela s'ajoutent une insuffisante qualité du management avec un retard important sur des dimensions telles que l'autonomie des salariés, l'encadrement des managers ou l'organisation du travail et un besoin croissant de compétences à l’heure des chaînes internationales de production (solides compétences cognitives, capacités de gestion et de communication …).


Les auteurs mentionnent aussi des performances insuffisantes du tissu productif français, certaines trouvant leur origine dans le niveau de qualification de la main d'œuvre. Ainsi, la moindre diffusion du numérique dans l’économie pourrait s’expliquer par le déficit de compétences de la population active et la faiblesse du management pour investir dans les nouvelles technologies.

 

02 Février